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08.08.2008
Ta mère, elle t’espionne sur Facebook
C’est bien connu : les parents sont une espèce incapable de se servir d’un ordinateur. En revanche, quand il s’agit de surveiller les activités en ligne des choupinous, tout de suite, ils semblent retrouver une motivation toute neuve. C’est en tout cas l’une des conclusions d’une étude britannique réalisée pour Garlik, une entreprise spécialisée dans la vie privée sur le net, qui a examiné le comportement des utilisateurs de réseaux sociaux.
L’enquête, menée auprès d’un millier d’enfants britanniques, et d’autant de parents, révèle que les mineurs ne sont pas particulièrement sensibles aux conditions d’utilisation de sites comme Facebook, Myspace ou Bebo : malgré une barre d’entrée posée à 13 ans minimum, les enfants entre 8 et 12 ans seraient nombreux (Garlik les estime à environ 750 000 au Royaume-Uni) à visiter ces sites. Les deux tiers des mineurs de plus de 15 ans rempliraient leur profil avec des informations très personnelles (adresse, lieu de scolarisation, numéro de téléphone) et un quart aurait dans ses contacts de parfaits inconnus.
Pas vraiment étonnant donc que la parano règne chez certains parents : selon l’étude, 75 % des parents interrogés surveilleraient secrètement l’activité de leurs enfants. Pas forcément uniquement pour vérifier ses bonnes ou mauvaises fréquentations, par ailleurs : après tout, le suivi du flux d’activité Facebook permet aussi de vérifier si Kevin n’était pas au cinéma au lieu de faire ses devoirs chez son pote Mickaël, comme il l’a juré au téléphone. Les méthodes d’espionnage divergent : un quart des parents profiterait de l’absence du bambin pour se connecter directement à son compte, et voir ainsi toute son activité « sociale » en ligne ; plus simplement, d’autres adultes se sont créés leur propre profil pour suivre l’activité publique de leur enfant.
Au Royaume-Uni, l’étude tombe quelques mois avant l’arrivée d’un projet de loi sur la vie privée en ligne, annoncé il y a quelques semaines par le gouvernement. « Le fait que les parents se sentent à ce point obligés de surveiller leurs enfants, c’est un message fort envoyé aux grands réseaux sociaux, explique Tom Ilube, directeur de Garlik. Facebook, Bebo et Myspace ont 750 000 utilisateurs britanniques sous leur limite d’âge. Pour dissiper les craintes des parents, ils doivent prendre leurs propres politiques de restriction d’âge beaucoup plus au sérieux. »
Sébastien Delahaye, Libération
16:50 Publié dans Babouches | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Facebook, réseau, femmes, lesbienne, homosexualité, gay, liberté

