09.06.2009

Cadence

Photo 22.jpgUne route.

Un peu trop loin. Un peu trop près.

Hier. Demain. La Pluie au présent.

Un arrêt soudain

Une fulgurance

Une route un peu droite.

Une route un peu oblique.

Longitudes nocturnes.

Fin.

Magnitude.

Ecrin.

©By Léa Renoir

08.06.2009

Hommage

images.jpgEn silence...

Hommage à nos nuits

Déserts blancs

Regards portés

Horizons bordés

 

©By Léa Renoir

01.01.2009

Smooth de Catherine Corringer

SMOOTH .jpgLa pluie hivernale s’amusait avec les trottoirs. Le Ciné104. Lieu choisi pour une projection « intime » du dernier film de Catherine Corringer : Smooth. Qu’avons-nous à mixer de nos vies, de nos histoires ? Nous allons et venons en bringuebalant nos convulsions sociales.
Il y eut les mauvaises langues qui évoquèrent le narcissisme créatif de la blessure intime. Day’s Night, In Beetween, This is the Girl. Trois films d’une grande force, d’une grande bataille avec le corps, avec les désirs, les jeux, les performances. Le culte non du moi mais de la chair, dans ce qu’elle a de sensible. Catherine Corringer nous ex-pose, elle nous désigne. Elle explore notre sensibilité. Toutes les choses nous touchent en tant qu’elles affectent notre chair, qu’elles coïncident ou non avec elle. Au point même où elles l’ébranlent.
C’est, de cette chair ébranlée que naît Smooth. Gros plan sur ce corps, ces corps, ces bouts de corps qui ne sont pas les nôtres et pourtant. Images bousculées dans une sonorité fracassante. Tentative d’étouffement, jeu des corps à corps, nous allons et venons dans l’intériorité de nos chairs. Est-il possible d’écrire sur cette œuvre de Catherine Corringer ? Je sens le terrain qui s’effrite, les termes que j’emploie s’éloignent de leur sens intime. Je leur cherche un substratum qui  devient aussitôt étrangement sensible, presque virtuel. Les images se bousculent, puis s’apaisent. Nous jouons du cathéter, avec la chair perforée, performative. Je suis plongée dans un espace imprévu. Dans l’extase silencieuse des dilatations, des ex-tensions. Les testicules deviennent un cœur. Battement accéléré, pulsation. Smooth se joue ne nos codes, de nos déchirures, de nos scarifications de nos plaies ouvertes, béantes. Certains y verraient les limbes d’un cauchemar d’os et de muscles avec le sentiment des fonctions stomacales qui claquent. Mais ce sont là des images larvaires que l’on pousse avec le doigt, puis avec le poing. Tour à tour en noir et blanc, tour à tour en couleurs, nous sommes pris dans l’art, dans l’œuvre d’art. Tableau d’une métamorphose d’un soldat en jeune fille jouant avec la lumière. Nous sommes ce tableau. Nous sommes humains par nos pieds, nos mains, nos ventres, notre cœur (viande vive au goût si particulier), notre estomac… Tout cela nous relie à la putréfaction de la vie. Pourtant. Catherine Corringer excelle. Elle fait de nos corps non un ramassis de toute notre mécanique, mais une poésie. Une poésie faite de gestes, de douceur, d’extases silencieuses et ordonnées. Elle désigne la vie, le souffle. Avec Smooth, elle nous plonge dans l’émotion qu’entraîne l’éclosion d’une forme.
Léa Renoir